J’ai des acouphènes, aidez-moi s’il vous plait !

C’est le cri de détresse que j’ai souvent entendu, lors de mes consultations de sophrologue, lorsque certaines personnes se retrouvent du jour au lendemain avec des sifflements, des bourdonnements dans la tête... qui les amènent en quelques semaines vers un immense désespoir.

« Je vais chez le médecin ORL... il fait une acouphénométrie, c’est-à-dire une mesure de mon acouphène, il est à 5 dB, ce qui est extrêmement faible c’est-à-dire inaudible… Et pourtant, j’ai l’impression d’avoir comme un aéroport dans la tête... Je me pose la question de savoir comment je vais m’en sortir et continuer à vivre normalement avec un pareil bruit dans ma tête ! »

Cette histoire, qui est aussi la mienne, est celle de nombreuses personnes. J’ai voulu raconter, il y a quelques années, ce désespoir et surtout écrire comment je m’en suis sortie ! J’étais alors comptable quand cette histoire incroyable m’est arrivée. Aujourd’hui je suis sophrologue, auteur de plusieurs ouvrages, spécialiste des troubles de l’audition sur les acouphènes chroniques, l’hyperacousie et les vertiges.
Oui c’est la Sophrologie qui m’a le plus aidée dans un long parcours de soins....

Il faut savoir que l’acouphène est un phénomène complexe qui ne se résout pas seulement à trouver pour le médecin ORL une cause. A l’heure actuelle, on ne connait pas encore bien les mécanismes qui font que l’acouphène peut passer pour certaines personnes d’un simple bruit à un vacarme insupportable. On sait bien sûr qu’il met en jeu les fonctions cognitives du cerveau, c’est-à-dire ce que je crois savoir de l’acouphène, et les réponses émotionnelles du cerveau limbique par rapport aux informations reçues et au conditionnement culturel ou personnel ... Il ne s’agit donc pas seulement de l’intensité ressentie par la personne sur le bruit fait par l’acouphène, mais bien des réponses émotionnelles du sujet. C’est en cela que la sophrologie, considérée comme une méthode psychocorporelle, accompagne avec succès un grand nombre de patients envoyés par les médecins ORL, en s’intéressant aux quatre composantes de l’acouphène subjectif chronique : les composantes sensorielle, émotionnelle, cognitive et comportementale.

Dans le premier livre que j’ai écrit Acouphènes, les soulager avec la Sophrologie, j’explique à la fois les difficultés du parcours, donne des explications claires et simples des symptômes, et propose une méthode simple et efficace avec la sophrologie pour mettre à distance les bruits parasites et retrouver peu à peu sérénité et calme intérieur. La rapidité du parcours dépendra essentiellement du degré d’anxiété ou d’émotivité préexistant à l’arrivée des symptômes.

Dans le deuxième livre que j’ai écrit J’ai des acouphènes, causes émotionnelles et solutions adaptées, j’ai donné la parole à des patients qui sont venus me voir, homme ou femme, jeune ou moins jeune, en activité ou en retraite et qui ont exprimé leur souffrance et ont posé leurs questions. J’ai pu les accompagner dans un cadre toujours strictement médical, leur proposer des solutions concrètes et leur faire découvrir qu’au-delà de l’acouphène, il y a des objectifs et des projets, que la vie est toujours très présente derrière les difficultés rencontrées.


Quelle aide la sophrologie peut-elle apporter concrètement si vous souffrez d’acouphènes chroniques ?
L’acouphène est un phénomène subjectif aux aspects pluridimensionnels, il est décrit par le monde médical comme « un symptôme de douleur chronique ». La définition de la douleur donnée par l’ISAP (association internationale pour l’étude de la douleur) est la suivante : « C’est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en ces termes. » Pour l’avoir vécu et ressenti, l’acouphène est effectivement tout cela.
La notion de stress est retrouvée chez un grand nombre de patients souffrant d’acouphènes. Le stress, cela peut être un surmenage lié au travail, à la famille ou à d’autres événements de vie, il peut amener, à une certaine période de vie, la personne à focaliser sur son symptôme et entretient alors des pensées obsessionnelles et inadaptées associées à l’acouphène.
La sophrologie permet de soustraire à l’acouphène une réponse émotionnelle inadaptée, conduit vers l’habituation, un terme médical pour décrire la dé-focalisation du cerveau sur des sons non pertinents, grâce à la mise en place d’outils d’autocontrôle et de stratégies d’ajustement avec des protocoles de séances spécifiques pour mettre à distance les acouphènes.

En résumé sur ce vaste sujet, le chemin de la guérison, c’est re-donner une tonalité neutre à l’acouphène ou bien le laisser disparaître. C’est pour certains se re-exposer à tous les sons de la vie courante, et surtout apprendre à laisser de côté le bruit des ruminations mentales . Ce nouvel état d’esprit incite à être davantage présent à la vie et à retrouver des objectifs qui vont permettre de dépasser l’obstacle.
Dans tous les cas, après avoir fait un bilan complet chez le médecin ORL, Il est nécessaire de posséder une meilleure compréhension des symptômes, de dédramatiser le phénomène et de trouver les solutions adaptées.
Gardez l’espoir et n’hésitez pas à vous adresser à des vrais spécialistes des troubles de l’audition en choisissant une équipe pluridisciplinaire qui aura une compétence globale sur la prise en charge la mieux adaptée pour vous.
Patricia GREVIN


Allez plus loin
Le site de l’AFREPA, Association Francophone des Équipes Pluridisciplinaires en Acouphénologie
Le site du Pôle Sophrologie et Acouphènes®, Le réseau de sophrologues spécialisés dans la prise en charge des acouphènes et/ou de l’hyperacousie